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CIA 2013

CIA 2013 sur N7


 

C’est une merveilleuse idée que de parcourir un tronçon de la N7, témoin des joies, et parfois des drames, des départs en vacances dans les années 60. Nous sommes alors au début de la société de consommation. La voiture commence à être accessible au plus grand nombre, mais on a encore conscience du privilège que représente la possession de ces beaux joujoux. D’où, sans doute, la nostalgie qui nous envahit à l’évocation de cette époque. En ce temps- là, il est vrai, le soleil était plus chaud qu’aujourd’hui… hum, il n’y a aucun doute la dessus quand on pense à la météo du ouikende de la Pentecôte 2013 !

Au rendez-vous du Samedi matin, place du Pâtis, à Montargis, la fourrière est déjà à l’œuvre pour réserver les 40 places prévues pour le Club : certains étourdis qui n’ont pas lu l’arrêté municipal en garderont un Gien de ma Chienne à notre égard.

Ceux d’entre nous qui sont partis à jeun de Gien, sont réconfortés par le café et la brioche maison préparée par Marie-Claude : l’accueil est soigné, une soucoupe de Gien est remise à chacun ainsi qu’un livre de route particulièrement soigné et riche en informations.

Dix-neuf à Vingt 403 seront présentes sur les 3 jours, y compris la puissante « charcutière » de Bernard Debray dont les 200 cochons-vapeur piaffent sous le capot.

Nous partons à midi pour le Relais du Miel : il fait un temps de Gien et les insectes se noient dans les flaques (« oh ! l’abeille coule ! s’exclament certains). Mais le repas est extraordinaire tant en quantité qu’en qualité ( ah, les desserts au chocolat !). C’est une adresse à recommander d’autant que le petit musée de la N7 qui lui est associé ne manque pas de nous émouvoir avec ses reconstitutions au 1/43° évoquant les étapes de la N7 et avec ses publicités vantant les bienfaits de l’alcool au volant !

Dehors une P60 « Etoile 6 » nous attend près des pompes ( il s’agit d’une ancienne station -service) pour une séance photos.

La pluie ne nous lâche pas, je perds un essuie-glace : ça tombe très mal. Nous arriverons tardivement à Briare pour contempler l’extraordinaire pont-canal que le temps froid et humide ne met pas en valeur. Le Gâtinais n’est pas gâté par la météo. Déjà 18h et le Musée des émaux est fermé : cela me navre, moi qui ais la religion de l’ e.mail. Nous prendrons notre revanche en émaillant nos propos de saillies drolatiques.

L’ambiance est chaleureuse au foyer qui nous accueille le soir. Certains s’affairent déjà en cuisine, tandis que les plus studieux commencent à remplir les questionnaires « technique » et « passager ».

Nous goûtons les vins des « Coteaux du Giennois » : un bon Gien de garde évidemment. Et pour le dessert on a mis des flans de coté. Bernard, qui est parti de chez lui en laissant sa valise à sa porte, s’est fait dépanner. Ces dames lui ont offert deux splendides slips « Eminence », grande taille qu’il prend plaisir à essayer devant nous !

Les Dulois, qui sont hébergés près de St Fargeau, quittent l’assemblée et doivent retrouver le groupe vers midi le lendemain.

C’est au site extraordinaire de Guédelon que tout le monde se retrouve. C’est à Guédelon que l’on peut voir un château médiéval en construction selon les méthodes ancestrales. Cela permet de retrouver les techniques du passé en en confrontant les témoignages d’époque aux réalités : c’est de l’archéologie expérimentale et c’est passionnant.

Nous sommes équipés de bottes car c’est un chantier et emmitouflés vu le temps de Toussaint dont nous bénéficions. Mais il ne pleut pas et parfois le soleil fait même preuve d’audace faisant ressortir la couleur chaude du grès des pierres du château.

Le repas (médiéval) est pris à la taverne du chantier, Bernard Debray faisant office d’homme des tavernes. Nous nous demandons si l’hypocras servi en apéritif comporte des édul-coran rapportés des Croisades.

Notre guide, une solide jeune femme, médiévale en diable, ne s’en laisse pas conter et nos questions et saillies ne la déstabilisent pas. Ce qu’elle nous dit sur les buts de la construction de ce château, conçu pour assurer la défense… contre l’oubli, nous va droit au cœur : n’est-ce pas un peu ce qui nous anime, nous autres collectionneurs.

Tout est sujet à questions et rapprochements : la distance séparant deux tours est déterminée par la portée des flèches tirées de chacune d’elle ( non Pascal, rien à voir avec celle de tes flèches de direction !) .

25 années seront nécessaires pour construire Guédelon. Il en fallait 8 à 10 au XIII° siècle où 12000 châteaux furent édifiés. Nous voyons tous les corps de métier à l’œuvre. Les plus jeunes sont à la carrière, c’est le plus dur. « On ne fait pas carrière à la carrière » rachardise Jean-Marc. Pour que le lecteur suive bien, je dois citer un extrait du Larrousse : « rachardiser : art (oui c’est un art !) de faire des jeux de mots douteux, je rachardise, tu rachardises, vous rachardisates. Voir aussi Racharditude : disposition à rachardiser. Mais bon ! Rachardise ne rime-t-il pas avec gourmandise ? ».

Mais revenons à nos cailloux. Une équipe de charretiers évolue aussi pour transporter des matériaux : il parait que contrairement aux galets, plus le charretier roule, moins il est poli. Leurs énormes chevaux sont par contre bien dressés.

On fait une grande consommation de bois sur le chantier, pour les charpentes, pour alimenter les bas-fourneaux (1000° quand même) pour forger les outils ou cuire les tuiles : il faut six stères pour cuire 4000 tuiles ( six stères ? et son frère alors ? non là vraiment, je m’égare, l’hypocras sans doute et tout ce grès ferrugineux, grès ferrugineux qui nous entoure). Du souci ce bâtiment ? mais non, faut pas sans fer, construire un château.

Les forgerons ne veulent pas réparer mon essuie-glace, sous le prétexte futile que le zamac était peu répandu à l’époque : c’est au moins leur refus que j’essuie.

En faisant le tour des douves, nous contemplons la muraille du logis seigneurial, déjà couverte de mousse : normal, elle est au nord ( d’Aquitaine, bien sur). Avec ce ciel bas, nous avons tous la peau terne.

La visite terminée, il se remet à pleuvoir et nous regagnons Gien en passant par le beau site de l’écluse de Mantelot, sur la rive gauche de la Loire, où nous pouvons constater la difficulté et les dangers qu’il y avait à traverser le fleuve, avec son fort courant et bancs de sable : de là naquit l’idée du pont canal de Briare.

La soirée est consacrée au dépouillement des questionnaires : Gaël docteur ès-403 en 2012 nous a envoyé un questionnaire technique épouvantable né à n’en pas douter d’un cerveau malade et auquel, seule une poignée d’individus fanatisés pouvait répondre !

Jean-Marc Rachard est couronné Docteur 2013 et on lui fait tous confiance pour concocter un questionnaire 2014 « à la hauteur » !

D² a rempli son contrat : dernier au questionnaire technique, il est, grâce à Sylvie, premier au questionnaire passager. C’est une bonne moyenne.

Les récompenses sont très sympathiques : des bouteilles de Pouilly Fumé et des maquettes de Borne « N7 » aux armes de la CIA sortie des blanches mains de Marie-Claude notre hôtesse. Nous sommes, nous les invités, très sensibles à tous ces « détails » et à toute l’organisation qui est derrière, qui a nécessité un très gros travail en dépit des tâches et des aléas de la vie quotidienne. Le Club peut remercier Marie-Claude et Jean-Luc, Pascal et Nicole, Guy et Martine pour cela et pour le bon esprit qui a régné au cours de cette CIA malgré le froid, les bourrasques et la pluie.

Lundi matin, comme convenu, on se rend tous ensemble à La Celle (sur-Loire) où l’on retrouve les Dulois : quel soulagement ! De là, nous partons franchir la Loire à Cosne-sur-Loire, direction Sancerre et Crézancy, où nous visitons les chais du vignoble biologique Dauny. Le propriétaire nous explique que son père malade en 1964, se fit soigner par des méthodes naturelles et s’intéressa ainsi à la culture «  bio ». Ses vins sont des mono-cépages (sauvignon pour les blancs et pinot noir pour les rouges et rosés). Le blanc, nous dit-il, s’est développé vers 1930 après la crise du phylloxéra. Il nous montre aussi un pressoir pneumatique des plus modernes. Son vin peut se garder dix ans, mais pas au-delà (ce doit aussi être le cas de certains Fronton !).

Avant de passer à table, Jean-Luc nous harangue, nous remercie de nous être déplacé et souligne que la 403 ne s’use que si l’on Sancerre pas.

Le pique-nique est pris dans le chai avec des conserves maison (merci les Lechifflart) arrosé du vin de la propriété et agrémenté de « crottins fermiers ».

Après ce moment bien agréable, nous quittons la famille Dauny pour nous diriger vers Pouilly sur loire.Les quelques 403 restantes poseront sur la photo faisant le plein d’essence au fameux relais des 200 bornes où se terminera, en chanson autour d’un café , cette 27éme CIA .


 

 


Vous pouvez en cliquant sur ce lien voir une vidéo postée par Philippe SEVY, passager de Christian Egal. Elle ne concerne pas en totalité la CIA, leur périple ayant débuté à Londres.