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Lyon : journées européennes du patrimoine 2013

COMPTE RENDU SORTIE LOCALE  DU 15 SEPTEMBRE 2013
Dans le cadre des journées européennes du patrimoine, le Club 403 à l’initiative de votre serviteur,  proposait de partir à la découverte « des vieux métiers oubliés ».
En 2011 nous parcourions le sud beaujolais via « les routes fleuries des pierres dorées », visitions la tour de Chappe à Marcy sur Anse, découvrions les vestiges d’une ligne de chemin de fer secondaire entre Villefranche sur Saône et Tarare,  traversions les vignobles  Oingt, village médiéval et son musée automobile privé chez un viticulteur (Domaine de la Guillardière) et rentrions via les contreforts des monts du lyonnais. En 2012  le thème «  à la rencontre de l’histoire des pierres dorées » nous emmenait de la carrière de Glay, jusqu’au château de Montmelas Saint-Sorlin via un itinéraire ou hameaux, villages et vignobles agrémentaient notre périple, le retour nous menait sur les hauteurs du Rhône Vert à travers de belles forets de résineux.
Cette année, 10 courageuses voitures se retrouvaient dès 8h30 à la gare SNCF de l’Arbresle. Météo  incertaine et températures inférieures de 5 à 8 ° en dessous des normales saisonnières. Le convoi composé de 5 403, 3 203 et 2 404  s’ébranlait donc pour notre premier centre d’intérêt retenu pour cette journée.
Le musée de la blanchisserie nous ouvrait ses portes, du blanchissage artisanal et industriel jusqu'à la lessive familiale, monsieur Robert, intarissable historien nous remémora les gestes quotidiens de nos arrières- arrières grands parents, du développement de la machine à laver, à essorer, depuis le lavoir ou l’on battait le linge, jusqu’aux appareils industriels imaginés et créés par la famille Gladel et commercialisés à travers le monde. Craponne fut un haut lieu de la blanchisserie de la région lyonnaise. Lavage, essorage, séchage, repassage et livraison sur Lyon en voiture hippomobile fin du 19ème, puis en chemin de fer, et enfin en camion au milieu du 20ème siècle, une foule de petites mains s’agitaient dans les très nombreux ateliers de la commune.
   

Le musée de la blanchisserie est situé dans l'ancienne usine des établissements Gladel, célèbre fabricant de machines à laver de 1902 à 1991. Le musée présente ainsi 200 objets, allant des machines à laver aux fers à repasser, afin de retracer l'histoire de cette usine phare de la région du Rhône mais aussi s'attarder sur la blanchisserie et son évolution dans l'industrie française.

Au fil de la visite, le public peut comprendre la fabrication du tissu mais aussi le travail de dizaines de petites mains grâce aux compétences du Groupe de Recherches et d’Etudes de l’Histoire de Craponne dans l’unique musée français de la blanchisserie aux portes de Lyon.
Qu’il exerce à la rivière ou plus récemment chez lui au village, le blanchisseur possèdait divers outils de travail.
Présentés de manière chronologique, ces objets reflètent la constante évolution du savoir-faire de l’artisan blanchisseur et en laissent aussi deviner son extrême pénibilité, à toutes époques.



Le musée expose aussi une collection de machines à laver familiales des années 1920-1950 dont le fonctionnement et les astuces de lavage peuvent parfois apparaitre très surprenantes.
Cordeaux et chevilles sont nécessaires pour l’étendage par beau temps. En cas de pluie, le linge va au séchoir dans les combles qui doit être bien chauffé par un poêle à bois ou à charbon nommé « diable ».

Comme le lavage et le séchage, le repassage nécessite l’utilisation d’objets spécifiques. Le fer est présenté depuis son apparition en Chine au 8 ème siècle jusqu’à l’invention du modèle électrique à vapeur.
De nombreux objets autour du repassage, dont le matériel indispensable à l’amidonnage, sont aussi présentés.
Un dernier coup d’œil sur les jouets « pour faire comme maman » que différentes générations d’enfants manipulèrent.
11H30 ! L’heure de reprendre la route pour de nouvelles aventures……. De routes en balcon en villages limitrophes à la Communauté de Communes du Grand Lyon,  Sainte-Consorce dominant Marcy -l’Etoile et son plateau historique d’usines et laboratoires du Groupe Sanofi Pasteur (Mérieux – Bio Mérieux) ainsi que son Ecole Nationale Vétérinaire, Pollionnay puis Vaugneray verront notre cortège inattendu parcourir le centre de leurs bourgades. 2 brèves haltes pour quelques commentaires panoramiques à 180 degrés: des Monts d’Or (Mont Verdun, Mont Thou et Mont d’Or) au nord de Lyon et sa base 942 de surveillance aérienne militaire en partie enterrée, en passant par la centrale nucléaire du Bugey et ses volutes de vapeur pourtant à 70 km de distance, l’agglomération lyonnaise au  1er plan, la chaine des Alpes en arrière plan, le sud Isère, la vallée du Rhône et les contreforts du massif du Pilat tout au sud. Nous évoquerons lors de la seconde pose pour se remémorer les tristes évènements terroristes à Paris. (Khaled Kelkal né le 28 avril 1971 à Mostaganem en Algérie et mort le 29 septembre 1995 à Vaugneray (lieu dit maison blanche) qui fut un terroriste islamiste algérien membre du Groupe islamique armé (GIA) et fut le principal responsable de la vague d'attentats commise en France à l'été 1995). Nous traversons donc les forets avoisinantes pour le col de Malval, ou durant quelques jours le secteur fut bouclé durant la longue chasse à l’homme engagée par les autorités. Ce fut aussi un coin privilégié pour les forces résistantes à l’ennemi pour se réfugier à proximité des infrastructures de Lyon sous l’occupation durant la 2ème guerre mondiale.


12h30 et notre arrivée dans des locaux à l’abri des intempéries nous permis de nous restaurer dans une bonne ambiance ; merci aux responsables du Musée de la Mine de nous avoir gardé un coin de la salle d’accueil et d’exposition, les conditions climatiques du moment nous obligèrent donc de transférer le projet de pique-nique sur le sommet voisin de la Chapelle du Fouillet trop venté et froid,  pour le confort d’une salle en dure.
         

Exploitées au Moyen-âge par Jacques Cœur puis par les frères Perret en 1840 et enfin par Saint Gobain, les mines de Sain-Bel / Saint-Pierre-la-Palud ont fermé en 1972. Au début du XXe siècle, on y produisait 70% de la pyrite française. Elles furent à l'origine de l'industrie chimique lyonnaise dont le soufre de la pyrite constituait une matière première de grande importance (production d'acide sulfurique).
Les mines de Sain-Bel ont été pendant très longtemps des mines de cuivre (extrait des pyrites de cuivre ou chalcopyrite), puis de pyrite de fer à la suite des travaux des frères Perret. En effet, en 1839, ils devinrent propriétaires des mines et installèrent une fabrique d'acide sulfurique à Saint-Fons.
La production de la mine de Sain-Bel va dès lors augmenter rapidement surtout après 1872, date de la fusion de la Société Perret - Olivier avec la Compagnie Saint-Gobain. Le rôle de Sain-Bel n'est plus que d'alimenter l'usine de Saint-Fons. Les nouveaux propriétaires disposent d'un gisement qui par l'importance de ses réserves et par la pureté de son minerai, constitue un des plus importants gisements de la pyrite du monde. En 1878 le Puits Saint-Gobain est mis en service et le tonnage extrait annuellement augmente considérablement pour atteindre un maximum durant les années 1898 -1903 (320 000 t en 1903 année record). En 1928, le Puits Saint-Gobain qui avait fourni plus de 10 M/ t de pyrite est remplacé par le Puits Perret, qui devait être en service jusqu'à la fermeture de la mine en juin 1972.
Aujourd'hui, l'ensemble des anciens bâtiments industriels est encore dominé par le chevalement métallique (28 mètres) du puits Perret, construit en 1926. Une association, dans le cadre d'un musée de la mine à Saint-Pierre-la-Palud, a ouvert le site au public, permettant de découvrir la salle des machines, la recette jour et le chevalement. Au cœur du village de Sourcieux-les-Mines, il subsiste le petit chevalement (11 mètres) en métal du puits Nord datant de 1957. Il se situait comme son nom l'indique en limite nord du gisement et a été transporté en 1992 à son emplacement actuel.  


 , 16h30  nous poussons nos équipages 7 et 8 chevaux sur le point culminant de la journée, le dernier km se faisant tout en 1ere !!!
Au XIXème siècle, les habitants de Sourcieux les Mines firent le vœu d'élever une chapelle suite à un ouragan qui dévasta la région en épargnant une statuette de la Vierge qui se trouvait en ces lieux posée sur une pierre. L'édifice occidenté est dédicacé le 9 avril 1860. Récemment restaurée la chapelle votive de Fouillet, dédiée à la vierge, de style néo-gothique très sobre, recouverte d’un crépi, présente une façade et un clocher en pierre de taille,  est ouverte à la visite libre de mars à fin octobre les dimanches et jours fériés de 10h à la tombée de la nuit ou pour groupes sur RV. Du site, on embrasse un vaste panorama sur Lyon, les Monts du Lyonnais et du Beaujolais, les Alpes. Sur le terrain attenant, le public trouvera des tables et bancs de pique-nique.  
Pour la fête de la Nativité, une messe a lieu le dimanche le plus proche du 8 septembre

Déjà 17h15, et notre périple s’achève. De la chapelle du Fouillet au couvent de La Tourette, il n’y a qu’un pas ou presque….. Nous ferons une brève pose au couvent de La Tourette, construit entre 1953 et 1960 à Éveux, commune limitrophe de l’Arbresle, est la dernière grande œuvre de Le Corbusier en France. C’est une œuvre de maturité dont la force, la richesse et la complexité sont telles qu’en 1986 les architectes français l’ont choisie comme la seconde œuvre contemporaine la plus importante, après le Centre Pompidou de Piano et Rogers. Au milieu du siècle dernier, les dominicains de la Province de Lyon avaient dans la région de Chambéry leur centre d’études destiné à la formation des jeunes dominicains. Ils décidèrent de se rapprocher de Lyon.
C’est en 1959 que les frères occupent les lieux. De cette date jusqu’en 1970, le couvent, peuplé de 75 frères, n’est pas ouvert aux visiteurs.
Après 1970, le couvent deviendra un lieu d’accueil largement ouvert aux différentes recherches effectuées dans la société et dans l’Eglise. Aujourd’hui, une communauté dominicaine d’une dizaine de frères forme le couvent de La Tourette et anime les lieux désormais ouverts à toute personne ou groupe qui souhaite venir y réfléchir, prier, échanger.
Le couvent a été classé Monument Historique en 1979, et le cimetière des frères a été inclus dans le classement en 2011. Nous reviendrons à l’occasion d’une prochaine sortie locale plus en détail sur cette construction que l’on aime ou pas.
21 juin 2009, ouverture des célébrations du cinquantenaire du couvent en présence du cardinal Barbarin.
Charles-Edouard Jeanneret, dit Le Corbusier, est né en 1887 à La Chaux-de-Fonds en Suisse. Etudiant en art, il s’oriente vite vers l’architecture. Il s’installe à Paris en 1917. Il découvre les possibilités offertes par un matériau nouveau mis en œuvre chez Auguste Perret : le béton armé. Sa pensée se veut en accord avec la société moderne, industrielle. « Ainsi l’architecture devient-elle le miroir du monde » (Vers une architecture, 1ère publication 1923). Ses réflexions traitent l’architecture à différentes échelles : du logis à l’urbanisme, il s’affaire à penser l’architecture au plus près du monde et des besoins modernes.
La carrière de Le Corbusier débuta dans les années 1915. Il s’entoure de nombreux collaborateurs (à La Tourette, le musicien Iannis Xénakis). Plusieurs projets sont en chantier lorsqu’il meurt en 1965, à Roquebrune-Cap-Martin (Provence, France).
Le Corbusier a le souci de construire au plus près des besoins de l’homme : un espace pour chaque fonction de la vie quotidienne. Au couvent de la Tourette, Le Corbusier comprend les rythmes de la vie religieuse en 3 temps distincts : vie individuelle, vie collective et vie spirituelle. On lira ces 3 fonctions primordiales (habiter, étudier et prier) dans les volumes qui articulent le couvent.
J’ai la passion de mon métier. Je crois qu’on vous a fait un beau couvent. Je regrette souvent de n’avoir pas une journée à consacrer à une visite chez vous. […] Hélas, mon métier m’oblige à être un voyageur impénitent, un Pierre l’Ermite déambulant. Pour finir, laissez moi vous affirmer, bien sérieusement, que j’ai eu une très grande joie à entreprendre la Tourette, à y passer, à vous voir, et je vous remercie de cette joie que vous m’avez donnée.
Lettre du 15 février 1963 de Le Corbusier au père Levesque
Le parc de La Tourette s’étend sur environ 70 ha relevant de divers propriétaires. Il est composé pour moitié de forêts et de terres cultivées et de prairies. Il est clos de mur et a acquis sa physionomie de parc romantique sous la houlette de ses différents propriétaires du XVIe au XIXe siècle. Résidence d’été de la famille du botaniste lyonnais Marc-Antoine Claret au XVlllème siècle, celui-ci, au moment où il créait le premier jardin botanique de Lyon à la Guillotière, en fit un jardin d’essai des nouvelles plantes qui parvenaient en France grâce à la politique royale des grandes expéditions. Correspondant et herborisant avec Rousseau, Claret de La Tourette s’inscrit dans la lignée des grands botanistes de la région comme Jussieu, Commerson, Poivre.
L’organisation de l’espace originel du domaine de La Tourette a été profondément bouleversée par l’implantation du couvent de Le Corbusier et ce n’est qu’en prenant le temps de flâner que l’on retrouve la cohérence de ce parc anglo-chinois abritant des fabriques et des installations paysagères (théâtre de verdure, terrasse, fausse grotte, alignements de pierre, glacière, ancien temple grec, bassins, etc…). La forêt, exploitée en futaie irrégulière, constitue dans l’ouest lyonnais un lieu de promenade recherché en même temps qu’un site naturel riche d’une grande diversité d’espèces végétales et animales.
Certains frères travaillent sur place, d’autres à l’extérieur, mais la plupart font alterner les deux. La journée sur place est rythmée par des temps de travail, d’échange et de prière commune.
Le couvent est une maison d’accueil, de partage, de réflexion, de prière. Il est possible à quiconque le souhaite de faire l’expérience de ce lieu exceptionnel de l’architecture moderne, dont son auteur Le Corbusier a dit : « il ne se parle pas mais se vit de l’intérieur ». Les lionnes rencontraient 1 Facel Vega.


18H00, retour à notre point de départ par la descente de la route Napoléon à la gare ferroviaire Arbresloise.  

Merci aux courageux participants d’avoir bravé le vent du nord soufflant parfois en rafales, l’habitacle de nos anciennes bien chauffé nous à permis encore une fois de braver les aléas météorologiques du moment.  Un équipage du 38 (Isère), cinq du 42 (Loire) et quatre du 69 (Rhône). Toutes les carrosseries de 403 étaient représentées, excepté les 403 cabriolets.
Rendez-vous pour une prochaine aventure locale à la  découverte de notre patrimoine le
dimanche  21 septembre 2014.

Un grand merci aussi a nos hôtes tant au musée de la blanchisserie pour M. Robert et son équipe, qu’au musée de la mine ou nous avons pu bénéficier d’un accueil par les bénévoles de l’association des amis du musée de la mine, notamment Mmes Sochan, Lett, Mme et M. Peuble par une prise en charge de notre groupe dans les meilleurs conditions possibles.

Passionnément 403,
Alain Méjat.
Délégué du 01-42- & 69